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Gastronomie durable 2 minutes 28 octobre 2020

Pour une gastronomie durable : Serge Vieira, chef dans le Cantal

En 2020, le Guide MICHELIN met en avant les chefs engagés pour une gastronomie plus durable. Aujourd'hui, nous partageons le témoignage de Serge Vieira, chef à Chaudes-Aigues, dans le Cantal.

Chefs Gastronomie durable Produits

Natif de Clermont-Ferrand et installé à Chaudes-Aigues, dans le Cantal, depuis 2009, Serge Vieira aime dire qu’il vit sur le plus grand volcan d’Europe. Pour autant, le Bocuse d’Or 2005 ne cherche pas à défendre une cuisine locavore mais une cuisine issue de terroirs qui se complètent : "J’ai toujours vanté et mis en avant ma région et ses richesses, mais je ne prône pas le 100% local." Serge Vieira le rappelle, il a la chance inouïe d’être à un carrefour de territoires comme ceux de la Haute-Loire, de la Lozère, de l’Aveyron ou du Lot : "Dans ce périmètre qui m’est offert, j’ai des producteurs et des éleveurs incroyables, des marchés de qualité." Il préfère donc qualifier son approvisionnement de 100% Français en soulignant qu’en dehors du poisson qui vient de Méditerranée, le reste de ses produits est issu de ce fameux carrefour. Au restaurant, pas de mangue, pas de banane, pas d’ananas, pas de fruit de la passion, qui parcourent trop de kilomètres, mais des mûres ou des myrtilles en saison pour composer un dessert qui ne restera que quelques jours à la carte : "Se recentrer sur un territoire, c’est accepter de délaisser certains produits, mais c’est pour le bien de la planète et ça oblige le chef que je suis à repenser régulièrement mes deux menus.

©Pierre Soissons
©Pierre Soissons
“Prendre ce qu'il y a, quand il y en a.”

Pour résumer, Serge Vieira prend ce qu’il y a quand il y en a. Est-ce par peur du manque qu’il a eu envie de créer un potager ? "Pas du tout ! J’ai profité du confinement pour aménager 300 m2 de potager. Au départ, c’était une occupation ludique. Aujourd’hui, ça peut devenir pratique mais avec une production de 2 melons sur l’année, ça ne risque pas de venir concurrencer l’offre de mes producteurs." Tout ne pousse pas à Chaudes-Aigues, si ce n’est la menthe-ananas, l’agastache, la verveine et quelques fruits rouges nourris grâce au compost maison : "Pour les herbes aromatiques, vous pouvez souligner que je suis locavore..."

Suprême de cannette fermière rôti, ruban de navet au raifort et haricots "petit riz" ©Pierre Soissons
Suprême de cannette fermière rôti, ruban de navet au raifort et haricots "petit riz" ©Pierre Soissons

Vous dites que la gastronomie responsable passe par les échanges entre chefs. Expliquez-nous.
Nous devons tous, et ce quel que soit notre type de restauration, mettre en œuvre de bonnes pratiques écologiques au sein de nos établissements. Seulement, il n’y a pas de mode d’emploi. Chacun fait comme il peut avec ses moyens, ses difficultés, mais c’est déjà ça. Cependant, si nous voulons aller plus loin, il faut impérativement regarder ce que font les confrères, échanger avec eux, les appeler, discuter, comprendre leur mode de fonctionnement et essayer de l’appliquer chez soi. Les chefs doivent s’entraider.

©Pierre Soissons
©Pierre Soissons

Quel serait votre discours si un confrère venait à vous demander des conseils ?
En fonction des investissements qu’il est prêt à faire, je lui parlerai de compost pour commencer, parce que ce n’est pas un investissement lourd et s’il ne peut pas l’utiliser, qu’il le donne à un maraîcher, aux jardiniers de son village, à ses voisins. Il y a aussi le tri sélectif que l’on peut encore améliorer mais surtout, il y a la sensibilisation des équipes. C’est par elles que tout se met en place. Une brigade sensibilisée et convaincue, ce sont des gestes qui deviennent automatiques ensuite au restaurant mais aussi dans les foyers du personnel puis de leurs enfants. Le respect de l’environnement passe par une chaîne humaine.

Vaporeux de pommes de terre, mousserons, herbes des prés et Salers vieux ©Pierre Soissons
Vaporeux de pommes de terre, mousserons, herbes des prés et Salers vieux ©Pierre Soissons

Composteurs, déshydrateurs, compacteurs sont de plus en présents. Quels sont, selon vous, les prochains chantiers à privilégier ?
Il faut déclarer la guerre au plastique. Là encore, c’est toute une chaine de sensibilisation qu’il faut mettre en place. Nous voulons moins de plastique dans nos établissements, c’est un fait, mais beaucoup de produits que nous nous faisons livrer en contiennent. C’est donc en amont qu’il faut intervenir pour sensibiliser les producteurs et les fournisseurs.


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