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Actualités 1 minute 09 avril 2020

Le quotidien des chefs confinés : Fanny Rey

Contraints par les ordres de confinement, les chefs, habitués à vivre à toute allure, se retrouvent au chômage technique. Nous leur avons demandé comment ils occupaient leur temps libre. Aujourd’hui, Fanny Rey, cheffe à Saint-Rémy-de-Provence.

Cheffes Confinement Interview

J'étais en plein service à Courchevel (Fanny Rey signe la carte de l'hôtel La Sivolière depuis cet hiver, ndlr) quand l'information de la fermeture est tombée, à 19h : on m'a dit que ce serait le dernier service. D'abord, on n'y croit pas. Puis le message a fuité, les clients ont commencé à en parler, à nous poser des questions… Mon équipe m'a épaté : ils ont su garder leur calme, leur sérieux, ils ont été impeccables. Puis on a eu 48h pour tout plier. On prévoyait une réouverture mi-avril à Saint-Rémy, après de très gros travaux. Evidemment, les travaux se sont arrêtés, rien n'est fini, tout est en chantier, la cuisine, la salle, l'hôtel...

Je suis confinée chez moi, à quelques minutes du restaurant. Depuis la terrasse, on a une belle vue sur les Alpilles : impossible de se plaindre. On s'occupe, on cuisine beaucoup en famille. C'est l'occasion de redevenir jardinier : on plante, on regarde pousser, on prend le temps de s'émerveiller de ce qu'il y a autour de nous. J'ai un potager urbain ici. Cette crise engendre de vraies réflexions sur l'avenir, l'alimentation. Je pense à mes enfants, aux enfants des autres.

“Tout cela me recentre sur la nature nourricière, le garde-manger...”

Il y a un truc qui est bien : les oiseaux se baladent, il n'y a pas de pollution, les écosystèmes se reconstituent, idem pour les bêtes... C'est fou à dire mais cette histoire peut faire du bien à la France. Peut-être fallait-il en passer par là. Les petits producteurs doivent être soutenus et encouragés : je pense par exemple à ma fromagère, à qui j'ai rendu visite récemment. Tout cela me recentre autour de la nature nourricière, du garde-manger.

Il y a bien sûr de la tristesse, la frustration de passer à côté de certains produits de cette saison, comme les morilles ou les asperges… On voit les merveilles de la nature s'éveiller autour de nous, sans pouvoir les utiliser au restaurant. Mais j'ai déjà l'esprit tourné vers la future carte, je travaille un peu dans ma cuisine, avec les moyens du bord. Et je n'oublie pas, au milieu de tout cela, la chance qui est la mienne d'avoir du ciel bleu au-dessus de la tête.

Fanny Rey est la cheffe du restaurant Fanny Rey & Jonathan Wahid, à Saint-Rémy-de-Provence.

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